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Saint-Malo est sans conteste l’une des villes les plus attachantes de
Bretagne : elle constitue le joyau de la Côté d’Emeraude, au cœur d’une
région au développement touristique fulgurant. Ses pierres ont inspiré les
plus grands coureurs d’aventure et nombre d’écrivains célèbres.
Saint-Malo au fil des
rues...
Insolite :
Rothéneuf, les rochers sculptés
Les manifestations malouines en Vidéo
Saint-Malo, paradis
des oiseaux
La cité de la
voile et du nautisme
Les plages de Saint-Malo
Un peu d’histoire
La ville fortifiée n’est qu’un rocher battu par les flots jusqu’à l’arrivée
du moine Mac Low qui donne son nom à Saint-Malo. Commence alors une
formidable aventure humaine. Au fil du temps, ce qui deviendra la « cité
corsaire », l’intra-muros, prend le pas sur l’ancienne cité d’Alet, proche
de la tour Solidor. Va naître alors une impressionnante lignée de marins et
de figures historiquement remarquables. Et se dessine un patrimoine bâti
d’un exquise richesse, fierté des malouins et objet d’admiration pour le
touriste.
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Au XII° siècle, Saint-Malo reçoit le siège de l’évêché. L’actuelle
cathédrale témoigne du rayonnement spirituel de la ville, l’un des sept
piliers de la fervente foi bretonne. La cité connaît quelques conflits avec
le duché de Bretagne, alors indépendant. Saint-Malo se tournera ainsi
parfois vers le royaume de France. La prospérité ne tarde pas : au XVI°
siècle, Saint-Malo est une ville riche, un port mondial à partir duquel est
géré le commerce avec l’Espagne et la pêche à Terre-Neuve. Au XVII°, les
armateurs malouins commencent à bâtir des fortunes colossales.
Les guerres européennes changeront la donne : la cité renforce ses défenses.
Sont construits les remparts actuels, intacts malgré les blessures de la
seconde guerre mondiale, et les forts qui balisent Saint-Malo. Les armateurs
ouvrent les routes du Cap Horn et des mers du Sud.
Patrimoine architectural

Les remparts Vauban : pour visiter Saint-Malo, il est d’usage de commencer
par le « tour des remparts » . La promenade dominicale préférée des
habitants de l’arrière pays ne peut décevoir. Le vaisseau de Pierre
(Saint-Malo Intra Muros) dévoile tous ses charmes, côté pierres et côté mer.
Ceinturant la cité corsaire, les remparts se sont révélés la pièce maîtresse
de la ville, garante de son indépendance relative et de sa sécurité. A
l’aube du XVIII° siècle, les fortifications médiévales (XII°) s’avérant
insuffisantes, Vauban charge l’un de ses ingénieurs, Garangeau, de concevoir
le système de défense encore intact aujourd’hui : remparts et forts sur la
mer sont érigés pour résister aux tentatives d’invasions anglaises et
protéger le premier port de commerce français.
La cité corsaire
Le malouin n’est pas un pirate, mais un corsaire : il ne vole aucune
cargaison mais la confisque au profit du roi, ceci le plus légalement du
monde. Dugay-Trouin ou Surcouf ne sont pas des hors la loi mais des
serviteurs zélés du roi, nuance !
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Dugay-Trouin
Dugay-Trouin est le parfait témoin d’une époque où temps de paix et de
guerre alternent, les armateurs malouins s’adaptant au contexte. Le corsaire
commence ainsi ses mémoires :
« Je suis né à Saint-Malo le 10 juin 1673, d’une famille de négociants. Mon
père y commandait des vaisseaux armés, tantôt en guerre tantôt pour le
commerce, suivant les différentes conjonctures. Il s’était acquis la
réputation d’un très brave homme et d’un habile marin. » (in Mémoires de
Monsieur Dugay-Trouin, lieutenant général des armées navales de France.
1740. Collection privée Astéria). |
Les faits d’arme du corsaire malouin lui valent ses lettres de noblesse,
sous Louis XIV. La prise la plus célèbre est celle de Rio, à qui
Dugay-Trouin, à la tête d’une armée de 5000 hommes et 17 navires, impose une
rançon plus que conséquente. Le coureur d’aventure repose aujourd’hui
intra-muros, dans la cathédrale Saint-Vincent.
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Surcouf
La réputation de Surcouf en pays de Saint-Malo n’est plus à faire : il
s’agit du plus célèbre corsaire, dont le courage et l’habileté relèvent du
mythe. Dernier des grands corsaires malouins, Surcouf bâtit une véritable
fortune en multipliant les abordages pour le compte du roi. En 1800, la
prise du Kent, l’un des navires les plus prestigieux de la Compagnie des
Indes, suscite l’admiration des marins. Avec 130 hommes à l’abordage, le
malouin triomphe de près de 500 marins anglais ! C’est là un exploit parmi
bien d’autres qui vaudront à Surcouf le surnom de «tigre des mers». Un
cotre corsaire armé par Surcouf a été reconstitué à la fin du XX° siècle et
fait aujourd’hui la fierté des malouins : les touristes peuvent embarquer à
bord du « Renard » ! |
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Jacques Cartier
Né à Saint-Malo en 1491, Jacques Cartier découvre le Canada en 1534. La
transatlantique « Québec Saint-Malo » témoigne encore aujourd’hui de
l’attachement des québécois et des malouins à cette aventure, en faisant
courir les équipages, tous les quatre ans, du fleuve Saint-Laurent à la cité
corsaire. Le
manoir de Limoëlou, demeure de Jacques Cartier située près de
Rothéneuf, témoigne de ce passé prestigieux qui donna à la France, sous
François Ier, sa pierre dans l’édification ou la colonisation d’un «nouveau
monde». La dépouille du malouin se trouve aujourd’hui dans la cathédrale
Saint-Vincent. |
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Mahé de la Bourdonnais
François Mahé de la Bourdonnais, né à Saint-Malo en 1699, s’illustre, très
jeune, comme un excellent gouverneur des îles Mascareignes : Maurice et La
Réunion. La route des Indes profite rapidement à sa ville natale. A deux pas
des remparts, une statué rappelle ce malouin au destin tragique qui, dit-on,
mourut de chagrin avant la révolution, incompris de ses contemporains.
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Chateaubriand
Né à Saint-Malo le 4 septembre 1768, François René de Chateaubriand a
souhaité être enterré dans sa ville natale. Sa dernière demeure, sur l’île
du Grand Bé, fait face à la mer, à quelques pas des remparts. Coureur
d’aventures littéraires, ce fils d’un armateur malouin a lui aussi traversé
l’atlantique.
Victor Hugo, adolescent, écrivait : « Je veux être Chateaubriand ou rien ».
C’est dire toute l’importance de l’écrivain, l’un des principaux pères
fondateurs du romantisme. Qu’on en juge : Chateaubriand raconte dans les
Mémoires d’Outre Tombe…
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« La chambre où ma mère accoucha domine une partie déserte des murs de la
ville, et à travers les murs de cette chambre on aperçoit une mer qui
s'étend à perte de vue, en se brisant sur des écueils. J'étais presque mort
quand je vins au jour. Le mugissement des vagues, soulevé par une bourrasque
annonçant l'équinoxe d'automne, empêchait d'entendre mes cris: on m'a
souvent conté ces détails; leur tristesse ne s'est jamais effacée de ma
mémoire. »
Et encore :
« Ma mère accoucha à Saint-Malo d'un premier garçon qui mourut au berceau,
et qui fut nommé Geoffroy, comme presque tous les aînés de ma famille. Ce
fils fut suivi d'un autre et de deux filles qui ne vécurent que quelques
mois.
Ces quatre enfants périrent d'un épanchement de sang au cerveau. Enfin, ma
mère mit au monde un troisième garçon qu'on appela Jean-Baptiste : c'est lui
qui, dans la suite, devint le petit-gendre de M. de Malesherbes. Après
Jean-Baptiste, naquirent quatre filles : Marie-Anne, Bénigne, Julie et
Lucile, toutes quatre d'une rare beauté et dont les deux aînées ont seules
survécu aux orages de la Révolution. La beauté, frivolité sérieuse, reste
quand toutes les autres sont passées. Je fus le dernier de ces dix enfants.
Il est probable que mes quatre soeurs durent leur existence au désir de mon
père d'avoir son nom assuré par l'arrivée d'un second garçon : je résistais,
j'avais aversion pour la vie. »
Les années d’enfance passées au château de Combourg, dans le pays de
Saint-Malo, façonneront l’âme tourmentée et romantique de l’auteur des
Mémoires d’Outre Tombe. Mais c’est la cité corsaire que Chateaubriand
choisit pour y reposer à jamais.
Saint-Malo au fil des
rues...
Insolite :
Rothéneuf, les rochers sculptés
Les manifestations malouines en Vidéo
Saint-Malo, paradis
des oiseaux
La cité de la
voile et du nautisme
Les plages de Saint-Malo
Texte :
Christophe Déceneux Astéria |